En parcourant les livres (voir bibliographie) à l'origine de cette compilation, l'auteur a découvert des informations qui l'ont vraiment surpris. Surpris bien sûr parce qu'il les ignorait, et tous les lecteurs, n'ignorant pas les mêmes faits, ne seront probablement pas aussi surpris que lui! Mais tout de même, et surtout, notre éducation est très centrée sur l'Europe, incluant la Grèce, et aussi l'Egypte sans doute à cause, depuis 1809, de la première publication de la " Description de l'Egypte " de l'expédition napoléonienne.
Mais en restant centrée sur l'Europe, cette éducation passe trop d'informations sous silence et ne donne pas toute la vérité: les Romains par exemple n'ont pas été les premiers à construire un plan de ville autour de deux grands axes perpendiculaires (voir civilisation de l'Indus 2800 ans av. J-C). Bien sûr les historiens de tous les siècles ont véhiculé la perception du passé qui était celle de leur temps; aussi les historiens d'aujourd'hui doivent passer beaucoup de temps à démolir les clichés d'autrefois! Et les médias, dont le cinéma, ne les aident pas en décrivant par exemple un moyen-âge "plus faux que nature"! Le cinéma n'est pas à un détail près: Milos Formann, dans son film "Amadeus" sorti en 1984, fait terminer le Requiem de Mozart par Salieri alors que c'est un élève de Mozart, Süssmayer, qui l'a achevé, et les bonnes partitions du Requiem indiquent quelles pages sont de Mozart, et celles qui sont de Süssmayer. C'est un petit détail, mais significatif: ce n'est pas vrai, mais cela fait un beau film!
Il y a d'abord les exportations et les échanges sur des milliers de kilomètres, dès la plus haute antiquité, des matériaux, des objets (les Phéniciens, 1200 ans av. J-C, allaient chercher des métaux jusqu'en Irlande et on retrouve de la porcelaine chinoise datant du IXème siècle au Zimbabwe...); il y a eu aussi des échanges de savoir-faire lorsque l'on fit venir de très loin des artisans pour apporter leur aide lors de chantiers.
Il est avéré qu'en 312 av. J-C, Aristarque de Samos démontre que la Terre tourne autour du Soleil et non l'inverse comme l'affirmera plus tard Ptolémée, et ce modèle géocentrique restera donc jusqu'au XVIIème siècle la version officielle, car il est conforme aux " écritures " de toutes les religions. Peu après Eratosthène calcule en 194 av. J-C le diamètre de la Terre avec une grande précision, ce qui est extraordinaire... et, comme la démonstration d'Aristarque, "gênant", aussi sous la pression des autorités religieuses il était préférable de "l'oublier".
Ensuite on est sidéré par l'inventivité extraordinaire des peuples du monde entier pour tirer de leur environnement les outils et les matériaux : en Chine en 200 av. J-C on creuse des puits pour extraire de l'eau salée et du gaz qui alimente des fours par des gazoducs en bambou ! Si les Chinois ont inventé la porcelaine, les Indiens ont su forger les aciers les plus résistants, et ont créé les premiers aciers inoxydables.
A propos de sport, comme en témoigne une fresque, vous apprendrez que les " jeux de vachette " où l'on s'amuse à sauter par-dessus les animaux étaient déjà pratiqués à Minos en 1400 av J-C, et même par des femmes !
Autre fait souvent passé sous silence : la redécouverte par l'Occident, au XIIème siècle, d'une très grande quantité de textes d'auteurs grecs de l'antiquité grâce aux traductions arabes : elle eut l'effet d'une bombe dans les milieux intellectuels européens. C'est en particulier le fait de l'existence de ces textes miraculeusement conservés (Non! Tout n'a pas brûlé dans les incendies de la bibliothèque d'Alexandrie, cela aussi c'est une légende), qui a donné l'idée de créer un thème transmission du savoir, repris en annexe du livre et reproduit sur ce site.
Et cette découverte est la preuve que l'Europe occidentale, contrairement à ce qu'on nous laisse croire, n'est pas du tout, mais vraiment pas du tout (lire l'Age d'or des sciences arabes), la seule héritière de la culture grecque et romaine et que les Arabes, les Indiens et les Persans se sont nourris de culture méditerranéenne, autant en astronomie, mathématiques, philosophie qu'en médecine. Au temps de la dynastie des Omeyyades (voir 0661) les médecins de Damas se forment avec les ouvrages d'Hippocrate et de Galien ; le médecin arabe Ibn Sina, connu sous le nom d'Avicenne, né en 980, a dévoré les textes d'Aristote (né en 384 av. J-C) et de Galien (né en 129) ; le médecin indien Hakim Ali Gilani reçoit, en 1554, le titre honorifique de "Galien du monde", alors que Galien est né en 129 et donc que son influence s'est exercée pendant plus de quatorze siècles en Inde ! Les échanges entre " philosophes ", au sens historique, de l'Occident, du Moyen-Orient, de l'Orient et de l'Extrême-Orient, ont eu lieu dès que les écrits ont pu voyager et être traduits à la demande des intellectuels incroyablement curieux des idées venues d'ailleurs (voir par exemple en 803 Al Kindi et les trois frères Banu Musa, savants musulmans, qui dépensent des fortunes pour acquérir et faire traduire en arabe des copies rares de traités grecs de physique et de mathématiques). Pour mieux suivre ces échanges un fil conducteur baptisé " Transmission du savoir " permet d'aller directement aux paragraphes concernés.
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(https://histware.com. Histoire des génies: art, technique, science).